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Exposition terminée – Exposition internationale d’estampes numériques – 20e édition
DU 10 AVRIL AU 15 MAI 2026
Cycles : mémoire, mutation et réinscription de l’image (1826–2026)
À l’occasion du vingtième anniversaire de Voix Visuelle, le thème du Cycles propose de revisiter l’estampe numérique comme un territoire de mémoire vivante, où l’image ne cesse de se réinventer à travers ses propres métamorphoses.
De l’héliographie de Nicéphore Niépce en 1826 aux algorithmes génératifs contemporains, chaque seuil a inauguré un nouveau cycle : émergence d’un vocabulaire visuel, épuisement d’une syntaxe, déplacement d’un style, retour inattendu d’une forme que l’on croyait obsolète. L’histoire de l’image n’est pas linéaire, elle avance par strates, par boucles, par échos différés.
Cette continuité discontinue révèle un mouvement plus profond : la manière dont chaque cycle transforme notre rapport au temps, à la mémoire collective et intime, à la transmission des formes et des émotions. L’image devient ainsi un espace de réécritures successives, où les gestes d’hier affleurent sous les démarches d’aujourd’hui, où les esthétiques se superposent, se contaminent, se réinventent mutuellement
L’intelligence artificielle amplifie cette dynamique cyclique. Avec elle c’est non seulement l’œuvre, mais l’artiste qui est reproduit. Elle n’ajoute pas seulement une nouvelle couche : elle redistribue l’ensemble du système. Elle relit deux siècles d’histoire visuelle, les réagence, les recompose selon des logiques qui échappent partiellement à leurs créateurs. Dans ce nouveau paradigme, les frontières vacillent : entre intention humaine et logique machinique, entre mémoire historique et hallucination algorithmique, entre ce qui commence et ce qui revient.
Nous invitons les artistes à habiter pleinement cette temporalité cyclique : à explorer les naissances et les disparitions, les résurgences et les mutations, les passages entre époques et les glissements entre styles. À produire des œuvres où la stratification demeure visible, où chaque couche — sensible, affective, historique — participe activement au sens. Des images qui ne dissimulent pas leurs origines multiples, qui assument leur nature composite, qui font de la réinscription elle-même leur matière sensible et leur questionnement central.
Au-delà des procédés, il y a aussi les cycles de la vie : les retours sur soi, les deuils et les renaissances, les motifs qui resurgissent d’une période créatrice à l’autre. La mémoire émotionnelle personnelle fonctionne elle aussi par cycles — certains souvenirs reviennent altérés, certaines images intérieures se reformulent au fil des années, certaines obsessions traversent des décennies avant de trouver leur forme définitive, ou provisoire.
Les œuvres recherchées sont celles qui dialoguent avec leurs propres traces, qui reconnaissent leur inscription dans une temporalité plus vaste tout en affirmant leur singularité. Des images capables de circuler entre mémoire et invention, entre archive et expérimentation, qui montrent que l’histoire visuelle ne se répète jamais à l’identique : elle se reformule, cycle après cycle, dans un perpétuel mouvement de transformation où chaque fin annonce un nouveau commencement.
Exposition passée : Oroboros de Tiffany April


Ouroboros, une série de six installations lumineuses qui interagissent avec l’architecture environnante à travers le corps numérique de l’artiste déformé et déformant. Ouroboros combine le mouvement corporel, la fluidité des images numériques et l’installation spatiale incarnée pour examiner, à travers un prisme neurodiversifié, l’expérience sensorielle contemporaine d’être ancré dans un corps physique tout en étant de plus en plus connecté à des espaces numériques nébuleux. La série tire son titre du symbole ancien du serpent qui se mord la queue dans un cycle infini d’autodestruction et de renouveau.
Tiffany April est une artiste visuelle qui utilise la peinture, l’assemblage et les installations numériques pour capturer la relation transitoire et mutuellement affective entre la corporéité humaine et les êtres plus qu’humains, tant numériques que immatériels. S’appuyant sur des recherches sur les interrelations entre la biologie, la morphologie, l’évolution et l’écologie humaines et non humaines, April considère le corps humain comme un continuum entre l’écologique et le numérique afin de remettre en question les catégorisations de l’« altérité » ; une exploration ancrée dans son expérience incarnée en tant qu’individu queer et neurodivers. April utilise la sensualité et la simplicité des formes tissées dans l’espace pour décentrer les identifiants de l’humain et placer le corps sensible sur le même plan que le technologique et l’organique.
