Thierry du Bois – L’édification de la lumière

15 avril au 23 mai 2023
Centre d’artistes Voix Visuelle, Ottawa

Thierry du Bois

Né en 1984 en Belgique, Thierry du Bois, a entamé une carrière artistique après avoir travaillé en tant que photographe de presse indépendant en Europe. S’inspirant de l’art conceptuel, du surréalisme et du dadaïsme, il photographie des objets de notre quotidien, jouant sur la perte de repères et d’échelle pour créer une autre réalité. Son travail interroge l’impact environnemental de la production humaine et des nouvelles technologies. Ses projets ont été exposés et récompensés à plusieurs reprises au Canada, notamment celui présenté ici, qui a obtenu une bourse du Conseil des arts du Canada en 2019.

À propos de l’exposition

Deux siècles et demi après la fin du Moyen-Âge, le siècle des Lumières entamait ce passage de l’obscurantisme à une ère de la connaissance. Mais qu’en est-il désormais de notre connaissance de la lumière, celle qui inonde les nuits urbaines et illumine les châteaux forts d’aujourd’hui ? Quel discours peut-on tirer de l’illumination des lieux de la finance et des tours de bureaux ? Prestige ou vestiges en devenir ?

Le champ d’exploration de Thierry du Bois a pour inspiration le langage de lumière exprimé par les édifices en l’absence de leurs occupants. Une langue que l’objectif de la caméra révèle comme s’il s’agissait d’une forme de code morse, des traits courts ou prolongés de lumière, dont il convient de décrypter le sens à travers son indéniable plasticité. Ce discours ouvre aussi la porte à une recherche documentaire extra picturale qui relie les images aux enjeux énergétiques et sociaux des édifices.

À travers une recherche plastique épurée faisant disparaître la structure même des édifices, l’artiste désire révéler cette édification de la lumière comme sujet. Un sujet non pas éclairé, mais éclairant, produisant un discours dont on ne mesure pas toujours la portée et qui disparaît derrière son caractère d’évidence : les buildings éclairent les villes la nuit. Pourtant, au-delà de cet aspect sécurisant de la lumière, la manière dont le flux lumineux s’organise à travers de multiples sources individuelles entrecoupées, qui se superposent sans se toucher, produit un code visuel empreint de mystère, un langage parfois plus inquiétant que réconfortant, puisqu’il induit la séparation et impose la hiérarchisation. Cet étagement de traits et de points lumineux est-il une métaphore de la pixellisation du social ? Que se cache-t-il donc derrière cette débauche de lumens en l’absence de l’humain ?

Le Centre d’artistes Voix Visuelle remercie le Conseil des arts de l’Ontario, Patrimoine canadien, la Ville d’Ottawa, l’AGAVF, et Marcil Lavallée de leur appui.

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